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	<title>Eric Remacle &#187; Hebdo</title>
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		<title>BARACK OBAMA : DEJA LE TOURNANT DE LA RIGUEUR ?</title>
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		<pubDate>Sat, 06 Feb 2010 11:24:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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30-31 janvier 2010
Par Éric Remacle
Dans la nuit de mercredi à jeudi, Barack Obama a prononcé son premier vrai &#8216;discours sur l&#8217;état de l&#8217;Union&#8217; en tant que président (celui de l&#8217;an dernier se situant à peine quelques jours après son entrée en fonction).
Ce discours est prononcé alors que la guerre en Afghanistan empire et a conduit [...]]]></description>
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<p><strong>30-31 janvier 2010</strong></p>
<p><strong>Par Éric Remacle</strong></p>
<p>Dans la nuit de mercredi à jeudi, Barack Obama a prononcé son premier vrai &#8216;discours sur l&#8217;état de l&#8217;Union&#8217; en tant que président (celui de l&#8217;an dernier se situant à peine quelques jours après son entrée en fonction).</p>
<p>Ce discours est prononcé alors que la guerre en Afghanistan empire et a conduit à accroître le niveau des troupes américaines de 30.000 soldats, mais aussi à aiguiser les désaccords avec certains alliés européens. La guerre s&#8217;est étendue sans le dire au Pakistan (où les bombardements par drones sont plus nombreux que sous George W. Bush), au Yémen et en Somalie, alors que la sortie d&#8217;Irak est retardée tout comme la fermeture de la base de Guantanamo (qui aurait dû intervenir en janvier de cette année). Ladite &#8216;guerre contre le terrorisme&#8217; totalement reprise à son compte par l&#8217;administration Obama constituera à long terme l&#8217;un des indicateurs de son bilan en fin de mandat &#8211; et il est à craindre qu&#8217;il pèse aussi lourd qu&#8217;en son temps la guerre du Vietnam pour son lointain prédécesseur Lyndon B. Johnson &#8211; mais à court terme les électeurs américains et les alliés des Etats-Unis ne lui en tiennent pas encore rigueur et le rejoignent dans l&#8217;objectif illusoire d&#8217;éradiquer Al Qaida par la force.</p>
<p>Malgré ces difficultés, l&#8217;agenda international de cette administration reste en effet tourné vers une amélioration des relations des Etats-Unis avec leurs principaux alliés et, au-delà, avec les différents partenaires à l&#8217;échelle mondiale ainsi qu&#8217;avec les Nations Unies et les autres organisations multilatérales. Barack Obama a pris la mesure du nouveau multipolarisme et multilatéralisme qui empêche l&#8217;Amérique de guider seule le monde, il maintient le cap d&#8217;un <em>leadership</em> par le <em>partnership</em>, par la force de persuasion autant que de coercition. C&#8217;est ce à quoi visait son discours du Caire adressé au monde arabo-musulman et celui au Conseil de sécurité de l&#8217;ONU pour un monde sans armes nucléaires. Même si l&#8217;on attend encore de véritables percées en la matière, par exemple  le démantèlement de certaines colonies israéliennes de Cisjordanie, la signature d&#8217;un accord américano-russe sur les armes nucléaires stratégiques ou le retrait des 240 charges nucléaires américaines subsistant dans six pays européens (dont la Belgique), et même si la conférence de Copenhague sur le changement climatique a suscité la déception en Europe, le discours sur l&#8217;état de l&#8217;Union réaffirme des objectifs ambitieux à long terme dans une optique de partage de la gouvernance mondiale avec les autres grandes puissances. On se situe dans la même optique qu&#8217;à Copenhague ou au G-20: Washington tente de créer un plus large directoire mondial que précédemment, dans lequel l&#8217;Europe joue un rôle appréciable, mais où comptent également et fortement la Chine, le Japon, la Russie, l&#8217;Inde, et le Brésil. La récente conférence internationale sur l&#8217;aide à Haïti a illustré parfaitement la manière dont, au travers de l&#8217;aide humanitaire, les Etats-Unis peuvent également affirmer ce <em>leadership</em> dans un monde davantage multipolaire et multilatéral.</p>
<p><strong>Priorité à la politique intérieure</strong></p>
<p>L&#8217;heure est néanmoins à la politique intérieure. 2010 sera, se révèle dès aujourd&#8217;hui, l&#8217;année des élections législatives (renouvellement complet de la Chambre et d&#8217;un tiers du Sénat en novembre prochain). Après la perte récente d&#8217;un des deux sièges de sénateur du Massachusetts (celui, très symbolique, laissé vacant par la mort de Ted Kennedy), les démocrates ont perdu au Sénat la majorité de 60 sièges sur 100 qui leur permettait de contrôler l&#8217;ensemble du processus législatif. Ils cherchent à présent à sauver le projet de réforme de l&#8217;assurance maladie dont deux versions différentes ont été votées à la Chambre et au Sénat et dont l&#8217;harmonisation des deux textes sera compliquée par les manoeuvres d&#8217;obstruction des républicains. Ceux-ci viennent également de voir deux de leurs propres thèmes repris par le président qui tire de l&#8217;échec du Massachusetts la conclusion de la nécessité de convaincre l&#8217;électorat centriste, celui-là même qui lui a donné la victoire le 4 novembre 2008. Ces deux thèmes sont d&#8217;une part la rigueur budgétaire (à l&#8217;exception des budgets de sécurité intérieure et extérieure, mais aussi des dépenses de soins de santé) et de l&#8217;autre la création d&#8217;une commission bi-partisane pour la réduction du déficit et de la dette. Ces deux thèmes ont été repris avec force lors du discours sur l&#8217;état de l&#8217;Union, malgré les critiques de l&#8217;aile gauche du parti démocrate ainsi que de nombreux économistes néo-keynésiens, tels le Prix Nobel Paul Krugman, inquiets d&#8217;une contraction trop rapide de l&#8217;intervention de l&#8217;Etat dans l&#8217;économie à l&#8217;heure où la reprise reste plus qu&#8217;incertaine aux Etats-Unis comme ailleurs.</p>
<p>En acceptant ce tournant de la rigueur (qui n&#8217;est pas sans rappeler celui de François Mitterrand en France peu de temps après son élection sur le slogan &#8216;changer la vie&#8217;), le président Obama donne des gages à son aile droite et à ceux de ses conseillers économiques qui mettent en garde contre l&#8217;envolée du déficit et de l&#8217;endettement. L&#8217;opération est risquée car porteuse d&#8217;un monétarisme potentiellement désastreux pour la relance. Mais d&#8217;un point de vue électoraliste, elle peut couper l&#8217;herbe sous le pied des républicains qui accusaient l&#8217;actuelle administration des deux vices suprêmes aux yeux des néo-libéraux: le <em>big government</em> (intrusion de l&#8217;Etat dans tous les domaines de l&#8217;économie) et la dépense sans création d&#8217;emploi. Ce faisant, Obama reprendrait à son compte une tactique employée en son temps par son prédécesseur Bill Clinton avec des résultats électoraux convaincants mais au prix d&#8217;un brouillage complet du discours politique.</p>
<p>Cette critique est d&#8217;ailleurs faite ouvertement au président actuel par certains éditorialistes qui lui reprochent de privilégier à ce point la méthode consensuelle et l&#8217;oscillation entre gauche et droite qu&#8217;il en perdrait toute lisibilité dans une opinion qui ne peut plus se satisfaire de slogans sur le mode &#8216;<em>Yes We Can</em>&#8216; mais exige un mieux-vivre qui tarde à venir. C&#8217;est pourquoi un second volet est imprimé au discours sur l&#8217;état de l&#8217;Union afin de reconquérir l&#8217;électorat de gauche, celui dont les députés et sénateurs démocrates en campagne pour leur réélection doivent absolument prévenir la tentation abstentionniste. Il y a deux semaines déjà, le président annonçait à grands fracas une nouvelle législation visant à limiter les super-bonus voire à réguler à nouveau la finance par un retour aux règles instaurées sous Franklin Roosevelt dans les années 1930 et détricotées successivement par Richard Nixon et Ronald Reagan dans les années 1970-80 au profit de la finance débridée. Il y a là un vrai clivage politique qu&#8217;a illustré à merveille le dernier film de Michael Moore et qui porte ni plus ni moins sur le type de capitalisme que les Américains souhaitent promouvoir à long terme. Sur ce plan, Barack Obama privilégie davantage son aile gauche tant il perçoit la profonde antipathie suscitée par le secteur financier auprès du travailleur moyen, surtout après que Goldman Sachs &#8211; l&#8217;une des compagnies sauvées du naufrage il y a dix-huit mois avec l&#8217;argent du contribuable &#8211; eut annoncé les plus gros super-profits de son histoire.</p>
<p>Mais il ne suffit pas de s&#8217;attaquer au capitalisme financier et aux bénéfices de l&#8221;argent qui dort&#8217; (une autre référence mitterrandienne), encore faut-il prouver que cette présidence poursuit sur la voie entamée par la grande loi de relance, le &#8220;stimulus package&#8221; de près de 800 milliards de dollars injectés l&#8217;an dernier dans l&#8217;économie. Or l&#8217;argent se fait rare dans les caisses de l&#8217;Etat et la volonté affichée de geler des dépenses publiques de premier plan (dont l&#8217;éducation &#8211; un vivier de l&#8217;électorat démocrate) n&#8217;aidera pas à rendre audible le discours sur le soutien à l&#8217;emploi et aux salariés (la <em>middle class</em>, dans le vocabulaire d&#8217;outre-Atlantique). Dès lors, sauver le projet sur l&#8217;assurance maladie se révèle un objectif clé auquel s&#8217;emploient la présidente de la Chambre Nancy Pelosi et le leader démocrate au Sénat Harry Reid. Afin de contourner l&#8217;obstruction républicaine (le &#8216;filibustering&#8217; dit-on ici), les deux chambres pourraient s&#8217;entendre sur une méthode de convergence entre leurs deux projets impliquant la majorité simple dans chaque assemblée. Barack Obama va plus loin. Tout en demandant d&#8217;un côté à son administration la rigueur budgétaire et l&#8217;évaluation stricte des dépenses consenties l&#8217;an dernier au titre du &#8217;stimulus package&#8217;, il poursuit de l&#8217;autre un mini-keynésianisme de moindre ampleur ciblé sur l&#8217;aide aux ménages et aux allocations familiales. Il se déclare prêt également à évoluer par rapport aux hypocrisies actuelles des forces armées quant à l&#8217;intégration en leur sein de militaires gays ou lesbiennes (la politique dite &#8216;Don&#8217;t Ask, Don&#8217;t Tell&#8217; instaurée sous Bill Clinton). Il relance aussi son projet de loi sur l&#8217;énergie et le climat qui vise au développement des technologies propres, à l&#8217;instauration d&#8217;un marché intra-US des émissions de gaz à effet de serre, mais aussi à la construction de nouvelles &#8230; centrales nucléaires. Voilà qui n&#8217;est pas si loin des plans similaires adoptés en Europe ces dernières années, de Jean-Louis Borloo à Paul Magnette.</p>
<p><strong>Trente ans après Mitterrand&#8230;</strong></p>
<p>C&#8217;est donc un subtil dosage entre gauche et droite qu&#8217;instaure Barack Obama après un an de présidence. La rigueur et la guerre d&#8217;un côté, le soutien aux salariés et aux droits des citoyens face à la finance d&#8217;autre part. Le contraste avec George W. Bush reste évident, quoiqu&#8217;en disent les critiques de gauche. Mais la Maison Blanche porte aujourd&#8217;hui un message finalement très centriste qui reflète bien la méthode qu&#8217;avait annoncée le candidat Obama dès le départ: une Amérique rassemblée plutôt que divisée, le dialogue entre démocrates et républicains, le refus de la lutte des classes, des races, des états. Une Amérique un peu mythique, qui se place dans la lignée d&#8217;un Lincoln, d&#8217;un Roosevelt et d&#8217;un Kennedy, sans renier Reagan. Décidément la comparaison avec François Mitterrand mérite vraiment le détour. Reste à souhaiter que la comparaison s&#8217;arrête là et que les jeunes générations entrées en politique avec l&#8217;élection de Barack Obama ne vivent pas les mêmes désillusions que celles qui avaient cru en l&#8217;arrivée de la gauche à l&#8217;Elysée il y a bientôt trente ans.</p>
<p>Eric Remacle</p>
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		<title>ÉTATS GÉNÉRAUX DE BRUXELLES, ‘NON PEUT-ÊTRE…’</title>
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		<pubDate>Wed, 06 May 2009 20:29:30 +0000</pubDate>
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25-26 avril 2009
Par Éric REMACLE
Etats-généraux, un terme qui fleure presque l’ancien français et dont on a perdu l’usage politique aujourd’hui. Pourtant quel symbole ! Au 16e siècle, ce sont des Staten-Generaal présidés par Guillaume d’Orange-Nassau qui portèrent la contestation des élites urbaines contre les lois imposées aux Pays-Bas (le Benelux actuel) par le roi d’Espagne et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p> </p>
<p style="margin-bottom: 0cm;"><span lang="fr-BE"><strong><br />
</strong></span><span lang="fr-BE"><strong></strong></span></p>
<p style="margin-bottom: 0cm;"><span lang="fr-BE"><strong></strong></span></p>
<p style="margin-bottom: 0cm;"><span lang="fr-BE"><strong>25-26</strong></span><span lang="fr-BE"><strong> avril 2009</strong></span></p>
<p style="margin-bottom: 0cm;" lang="fr-BE"><span lang="fr-BE"><strong>Par Éric REMACLE</strong></span></p>
<p style="margin-bottom: 0cm;"><span lang="fr-BE">Etats-généraux, un terme qui fleure presque l’ancien français et dont on a perdu l’usage politique aujourd’hui. Pourtant quel symbole ! Au 16</span><sup><span lang="fr-BE">e</span></sup><span lang="fr-BE"> siècle, ce sont des Staten-Generaal présidés par Guillaume d’Orange-Nassau qui portèrent la contestation des élites urbaines contre les lois imposées aux Pays-Bas (le Benelux actuel) par le roi d’Espagne et qui fuirent au nord suite à la répression pour y proclamer les Provinces-Unies, une république fédérale et d’inspiration démocratique (selon les standards de l’époque, c’est-à-dire oligarchique et masculine). En 1789, ce sont des Etats généraux réunis par le roi de France pour répondre à la colère sociale montante qui déboucheront sur le Serment du Jeu de Paume, la déclaration universelle des Droits de l’Homme et du Citoyen, la Révolution française.</span></p>
<p style="margin-bottom: 0cm;" lang="fr-BE">
<p style="margin-bottom: 0cm;"><span lang="fr-BE">En convoquant des Etats généraux de Bruxelles/Staten-Generaal van Brussel (concept traduit faute de mieux en anglais par ‘Citizens’ Forum of Brussels), plusieurs organisations de la société civile bruxelloise visaient elles aussi à provoquer en janvier dernier un électrochoc. Vingt ans après sa naissance, la Région de Bruxelles-Capitale est certes majeure, mais elle navigue difficilement entre trois écueils : l’indifférence des deux autres régions belges, le sous-financement et pire encore l’assoupissement. Or Bruxelles a plus que jamais besoin d’une vision, d’un projet pour l’avenir, elle qui abritera environ 150.000 habitants de plus à l’horizon 2020 si l’on en croit le Bureau du Plan. </span></p>
<p style="margin-bottom: 0cm;" lang="fr-BE">
<p style="margin-bottom: 0cm;"><span lang="fr-BE">C’est ce souffle que les organisations porteuses des Etats généraux ont voulu porter, en interpellant les candidats aux élections, à l’occasion de la clôture ce samedi d’un processus qui a vu s’organiser des dizaines de débats de qualité sur toutes les problématiques bruxelloises, et dans les deux langues de la Région. La dynamique fut riche, les conclusions prometteuses, en espérant un prolongement futur sous une forme à imaginer, une sorte de démocratie participative à la bruxelloise. Bien sûr, les Etats généraux n’ont pas réuni toutes les couches de la population bruxelloise. Les organisations immigrées, de femmes et de jeunes n’y avaient pas été invitées, ce qui ne passait pas inaperçu dans la sociologie des participants aux différentes sessions. En outre, le style ‘rassemblement des forces vives’ n’a pas que des avantages, il lisse les conflits d’intérêts et de philosophies pour privilégier les points de consensus – certains syndicalistes n’ont pas manqué de le souligner. Mais en mettant autour d’une table les organisations environnementales, culturelles, patronales et syndicales, ainsi que les trois universités bruxelloises (ULB, FUSL, VUB) et des associations de citoyens récemment créées telles Aula Magna, Manifesto et BruXselforum, et en construisant ensemble un véritable programme de travail pour la Région. C’est un début prometteur, une occasion à saisir pour développer la nouvelle identité d’une Bruxelles qui a changé énormément depuis la création de la région en 1989.</span></p>
<p style="margin-bottom: 0cm;" lang="fr-BE">
<p style="margin-bottom: 0cm;" lang="fr-BE"><strong>Une révolution tranquille bruxelloise ?</strong></p>
<p style="margin-bottom: 0cm;" lang="fr-BE">
<p style="margin-bottom: 0cm;"><span lang="fr-BE">Il n’est pour s’en persuader que de prendre connaissance des principales conclusions des Etats généraux (disponibles sur </span><span style="color: #0000ff;"><span style="text-decoration: underline;"><a href="http://www.etatsgenerauxdebruxelles.be/"><span lang="fr-BE">www.etatsgenerauxdebruxelles.be</span></a></span></span><span lang="fr-BE">) dont certaines s’apparentent à une révolution tranquille. Unanimité entre organisations sur l’octroi du droit de vote à tous les habitants de Bruxelles pour les élections régionales – le 7 juin prochain en effet seuls les Bruxellois de nationalité belge pourront voter, véritable exclusion politique de 30% des habitants de la région ! Unanimité également sur la nécessité de simplifier l’usine à gaz institutionnelle bruxelloise en transférant le maximum de compétences à la Région plutôt qu’aux commissions communautaires particulièrement complexes à articuler. Unanimité enfin, et corollaire du point précédent, pour en finir avec la subdivision des électeurs et des partis bruxellois entre francophones et néerlandophones, alors que des listes ‘tweetalig’ seraient envisageables pour peu que la minorité linguistique soit protégée par des dispositifs astucieux dont l’ingénierie institutionnelle belge a le secret.</span></p>
<p style="margin-bottom: 0cm;" lang="fr-BE">
<p style="margin-bottom: 0cm;"><span lang="fr-BE">Ces quelques éléments pour une nouvelle gouvernance bruxelloise impliquent aussi, pour les organisateurs des Etats généraux une fiscalité réaménagée permettant de bénéficier de ressources nouvelles pour une Région qui crée davantage de richesses qu’elle n’en reçoit. Deux pistes au moins : prélever l’impôt sur le lieu de travail (puisque des centaines de milliers de Flamands et Wallons travaillent chaque jour à Bruxelles mais n’y payent pas leurs impôts) et demander une contribution fiscale aux fonctionnaires européens en échange du droit de vote. Le financement de Bruxelles dans le contexte belge doit lui aussi être à la hauteur de la nature de poumon économique de la Région centrale du pays pour toute la Belgique.</span></p>
<p style="margin-bottom: 0cm;" lang="fr-BE">
<p style="margin-bottom: 0cm;">‘<span lang="fr-BE">Réussir la ville’ implique par ailleurs une réduction de la fracture sociale – 20% de chômeurs, probablement 25% à l’issue de l’actuelle crise économique ! – qui ne viendra que d’un accroissement des emplois de proximité, non délocalisables en quelque sorte, impliquant une nouvelle vision de la ville, des services de proximité, des contrats de quartier, de la mixité des fonctions urbaines. Réussir la ville, c’est aussi en faire vraiment la capitale de l’Europe, non par des projets pharaoniques non intégrés dans le tissu urbain, mais par une valorisation de toutes les dimensions internationales de Bruxelles, des milieux populaires immigrés aux fonctions de ville internationale de services. Une ville cosmopolite, lieu de rencontres et de dialogue interculturel, symbole en quelque sorte d’une Europe ouverte au monde, en d’autres termes une ‘Little Apple’ comme on dit de New York qu’elle est la ‘Big Apple’.</span></p>
<p style="margin-bottom: 0cm;" lang="fr-BE">
<p style="margin-bottom: 0cm;"><span lang="fr-BE">Comme grand atout, Bruxelles représente une ville de connaissance avec ses 75.000 étudiants du supérieur et ses 13.000 chercheurs et professeurs. Les universités ont d’ailleurs annoncé la création en commun d’un Brussels Studies Institute pour contribuer à la réflexion à long terme sur l’avenir de la ville-région. La jeunesse constitue un second atout et c’est largement à elle que les Etats généraux furent dédiés (même s’ils n’y furent malheureusement pas associés – un enseignement à tirer pour le futur). Miser sur les jeunes qui constituent le principal potentiel de la Région, ne pas créer une nouvelle génération sacrifiée, investir dans une éducation de qualité furent autant de leitmotiv de cette vision d’avenir.</span></p>
<p style="margin-bottom: 0cm;" lang="fr-BE">
<p style="margin-bottom: 0cm;"><span lang="fr-BE">Le véritable ‘city boom’ auquel Bruxelles doit se préparer (répétons-le 150.000 nouveaux habitants d’ici 2020 alors que les frontières de la région sont verrouillés par les complexes accords constitutionnels belgo-belges) constitue le défi de la prochaine génération et l’on doit le préparer maintenant. Pour y parvenir, un mot-clé : faire de Bruxelles une ville durable. A Ecolo-Groan !, on dirait : la capitale du développement durable. Une nouvelle vision de la ville doit émerger sous forme d’un Plan de développement régional (PRD) audacieux et intégré. Ce n’est pas impossible : après tout le Paris intra muros comprend 2 millions d’habitants avec une superficie plus petite que celle des 19 communes bruxelloises. Une ville plus compacte reste donc parfaitement imaginable mais implique de penser dans la longue durée un nouveau projet de ville comme celui que les fondateurs de la Région mirent sur place en 1989, mais adapté aux défis de l’horizon 2020. Renforcer le logement et améliorer le cadre de vie, planifier les politiques urbaines, l’aménagement de l’espace, les transports publics, stimuler l’emploi à Bruxelles pour les Bruxellois, autant d’enjeux pour lesquels les Etats généraux nous incitent à la mobilisation générale. On vous le disait, une petite révolution tranquille.</span></p>
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